Il faut une héroïne à chaque histoire...

L'Héro (2001)

On stresse, on s'presse
Du côté de Barbès
Rochechouard, plongé dans son sommeil
N'entend pas les dealers qui s'éveillent
Et les camés en profitent
Les seringues piquent
Ici, pas de garot, pas de compresse, pas d'élastique

On ne fait pas dans le sobre
On fait juste dans la drogue

Ici les shoots font mal, Lola le sait
Ca fait bientôt trois ans qu'elle voit ses potes tomber
Pour pouvoir le supporter
L'héro est son alliée
C'est trop tard pour renoncer
Il n'fallait pas commencer

Lola sait que son heure viendra
Elle a quitté son bébé, son copain, son emploi
Tout devenait intenable et ce n'était plus possible
De conjuger "drogue et tapin" avec "vie de famille"
Et quand elle désespère
Elle sort une cuillère
Une dose et, du zinc,
Son briquet, sa seringue...

Mais cette fois la dose sera trop forte, on le saura demain
Les journaux locaux titront "Et une camée de moins"...

Dans un dernier effort, Lola a pleuré
Trop tard, la dope l'étouffe et elle se sent crever
Un cauchemar continu quand elle baisse les paupières
Et toujours trop de lumière
Pour qu'elle garde les yeux ouverts...

Alors...

A bout de force, à bout de nerfs
Ses jambes vacillent et elle se perd
Sur le quai du RER...

Dans son coin,
Un cône de crack à la main,
Valérie,
Une autre junkie,
A tout vu,
Tout entendu
Elle aussi, du ghetto
A la drogue dans la peau
Et c'est à ce moment là,
En voyant s'effondrer Lola,
Qu'elle comprend que son heure viendra...

08/09/2005
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# Posté le samedi 28 janvier 2006 10:54

Golf = Ferrari du pauvre ?

1993 : Mon frère a vingt ans et flashe sur une Ferrari. Il se jure qu'un jour, il en conduira une.
La sienne.

2003 : Sa soeur a dix-sept ans et flashe sur une Golf. Elle se jure qu'un jour, elle en conduira une.
La sienne.

La faute à qui si les rêves des jeunes sont maintenant accessibles ?

08/09/2005
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# Posté le samedi 28 janvier 2006 10:52

Adieu, sans regrets...

Il t'a eu. Il t'a prise à ton propre piège.
Tu as 15 ans et tu passes ton temps à affoler les hommes. Tu comprends que le pouvoir, c'est le cul et tu en uses et en abuses. Il l'a remarqué et guette la moindre de tes failles. Il t'espionne pour trouver le moment où, brusquement, il pourra à son tour jouer avec toi.

Tu le détestes, il te fait horreur. Tout te répugne chez lui : son corps, son langage, son odeur...

Un soir, il te voit, toute seule. Tu bois un verre.
Il te propose de discuter, il t'embobine facilement à vrai dire. Au début dégoûtée par le personnage, tu te dis que c'est peut-être quelqu'un de bien...

Il t'entraîne dans une chambre, à l'abris des regards. Tu te méfies et demande à laisser la porte ouverte. Il te giffle.

La suite, tu la connais trop bien. Il lacère ton corps, qu'il laissera couvert de cicatrices. Il jouit en toi, sur toi, mais pas avec toi.

Tu as voulu tout oublier, mais tu n'as jamais totalement réussi.
Quatre ans que cela s'est passé.
Depuis trois mois, il est sorti de prison.
Depuis près d'une semaine, il est mort. Merci E...

07/09/2005
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# Posté le samedi 28 janvier 2006 10:48

Réunion de "mi-fa"

Samedi, j'assiste à un des derniers "repas de famille" ou, en traduction, un de ces déjeuners où tout le monde raconte sa vie en même temps, essayant à tout prix de balancer quelque chose de plus intéressant que ce que diront les autres. Je ne sais pas si je me suis bien faite comprendre mais l'idée est là. Pardonnez-moi, je n'ai plus toute ma tête depuis quelques jours. Et sniffer du "Lacoste" (le parfum de "l'origine") hier à Séphora n'a rien arrangé à mon état.

Tiens, à ce propos, j'ai décidé de rebaptiser F. A partir de maintenant, je ne l'appelerai plus "l'origine" (un mot à connotation méliorative, porteur de belles promesses) mais plutôt "le roi des pacotilles" (ça sonne mieux, quand on le connait un peu). J'ai longtemps hésité avec "fils de pute" mais je ne connais pas sa mère, et dans le doute (c'est peut-être une femme bien)...

31/08/2005
Bref, samedi je vais voir la famille. En fait, ce repas n'est pas anodin. Mon oncle et ma tante ont besoin d'une photocopieuse couleur et ont demandé à mes parents s'ils ne pouvaient pas l'acheter pour leur rembourser après (je vous explique : mon père a une entreprise de transports, et tout le monde sait que les entrerprises ne payent pas la TVA...). Voilà, pour faire l'économie d'une cinquantaine d'euros, samedi midi, nous allons tous nous retrouver autour des quelques brochettes, de chips et de souvenirs de vacances inintéressantes. J'ai hâte d'y être.

Ce qui m'éclate le plus, je l'avoue, c'est de voir mon cousin et ma cousine. Il a 14 ans et elle en a 11. Et vu que les filles évoluent un peu plus vite que les garçons, ils sont tous les deux en plein âge con.

Lui, il passe son temps sur la Playstation, se gave de Twix et dit du mal des filles car il n'est pas capable d'en attraper une (c'est marrant, j'ai quelques potes qui lui ressemblent... c'est pas près de finir alors...).

Elle, elle commence à se maquiller et à mettre des soutifs (qui ne soutiennent rien, mais ça doit être "fashion"), elle est arrogante et envie mes cheveux colorés (oui, ses parents lui interdissent encore certaines choses, ce qui a le don de la mettre hors d'elle).

Et pour en rajouter, les deux ont des téléphones portables dernier cri et des APN. A ce stade, l'an prochain, ils auront un ordinateur, l'an d'après, ils auront leur indépendance financée par les vieux et pour leur vingt ans, une Mercédès SLK flambante neuve.

Les seuls trucs qui nous différencient sont : mon piercing (elle en veut un mais elle est bien trop jeune... allez, attends tes dix-huit ans avant de faire ta connerie) et le fait que je vais quitter le domicile familial (ils m'envient... sans savoir à quel prix se paye l'indépendance). Ah oui, j'ai pas d'APN non plus...

Il y a deux ou trois ans, j'avais constaté qu'ils avaient plus de libertés que moi. Je ne vous raconte pas le savon que j'avais collé à ma mère, trop protectioniste à mon goût. Ce jour-là, la terre a tremblé mais j'ai néanmoins, en petite fille sage, décidé d'attendre mes 18 ans avant de faire des plans foireux du style "je sors ce soir, je ne sais pas à quelle heure je rentre, bonne soirée". Avant, je mentais pour sortir. C'était une gentille attention, non ? Au moins, personne ne s'inquiétait de ce que je faisais, toute la nuit, dehors.

Bref, quoiqu'il en soit, samedi je vais passer une journée à écouter des ados acnéïques me raconter "comment qu'ils ont kiffé zébron sur la plage pendant que les darons allaient chercher des fre-gau". Ca promet.
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# Posté le samedi 28 janvier 2006 10:46

Jouer avec le feu... puis se brûler

Deux jours d'abstinence littéraire, mon week-end en décalé.

Les soins capillaires n'ont pas eu lieu, nous avons préféré l'odeur d'une bonne pizza à celle de l'amoniaque, le bruit du stylo qui glisse sur le chèque à celui du peigne qui glisse dans les cheveux.
Au centre commercial, j'ai acheté de quoi nourrir mon petit monde vendredi. Quelques tartes, quelques bouteilles et le tour sera joué.

A trois jours des "au revoirs", je n'ai qu'une liste approximative des convives présents, liste à laquelle je me tiens formellement. Les autres, je m'en moque. J'ai décidé d'être particulièrement ingrate après cette soirée. Je ne compte plus demander de nouvelles de ceux qui ne feront pas l'effort d'être là...

30/08/2005
30/08/2005
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# Posté le samedi 28 janvier 2006 10:34

Modifié le samedi 28 janvier 2006 10:44